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On en parle

L’INSA de Strasbourg : science, art et culture générale

L’INSA de Strasbourg n’est pas qu’une école dédiée à l’enseignement de matières spécifiques pour former de futurs ingénieurs et de futurs architectes. C’est aussi un lieu de diffusion culturelle, un lieu de réflexion sur notre époque et celles qui l’ont précédée.

En voici deux exemples.

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Le premier correspond à un évènement récent de la vie de l’établissement : le baptême de la nouvelle promotion. Le 7 novembre 2015, Sabine Bengel – historienne de l’art allemande et conservatrice à la fondation de l’œuvre Notre Dameintervient en tant que marraine d’une promotion portant le nom d’un architecte allemand, Johann Knauth (1864-1924). Elle  partage aux étudiant-es un épisode de la vie de cet homme qui, dès 1903, s’intéresse à un affaissement menaçant la flèche de la cathédrale de Strasbourg. Il s’en suivra, il y a tout juste 100 ans, à partir de 1915, un gigantesque chantier pour consolider un des piliers supportant les 8000 tonnes de la tour. Nous sommes alors plongés dans l’histoire des techniques mais aussi l’histoire de l’art et de l’architecture. Elle apporte également un éclairage sur un point particulier des relations franco-allemandes, par le biais d’une l’histoire personnelle. Bien que marié à une alsacienne, Johann Knauth fut évincé de son propre projet puis expulsé du territoire, suite à la défaite allemande de 1918.

A travers l’hommage posthume rendu à ce génie de la construction, c’est d’abord la richesse de l’interculturalité que Sabine Bengel souligne. Elle invite à reconnaitre et à mettre en exergue des ressources intellectuelles souvent occultées par un héritage de rancœurs et de conflits transfrontaliers. Ainsi, le parcours DeutschINSA de l’INSA de Strasbourg inscrit la maîtrise de la langue allemande et l’immersion dans la culture germanophone comme des atouts indéniables d’adaptabilité et d’employabilité. Et il révèle aussi tout simplement un souci de compréhension et de respect de l’autre.

A travers le projet de sauvetage de cette flèche qui domina l’Europe pendant des siècles – du haut de ses 142 m – Sabine Bengel insiste aussi sur l’interdisciplinarité. En effet, cette prouesse technique n’est pas le fruit du travail d’un seul homme mais de multiples compétences complémentaires, entre architectes, ingénieurs, conservateurs, tailleurs de pierre, ouvriers, chefs de chantier…

Et c’est de cet esprit que l‘INSA de Strasbourg se revendique.

Les étudiant-es ingénieur-es et architectes travaillent ensemble sur des projets fédérateurs. Les propositions pour les balcons de l’INSA en témoignent : elles réunissent architecture, génie civil et génie climatique et énergétique.

Et depuis la rentrée 2014, l’INSA de Strasbourg forme des architectes-ingénieur-es sur un parcours commun de 3 ans, afin que chaque futur ingénieur et futur architecte puisse interpréter le métier de l’autre, sur des problématiques concrètes de construction – dans un esprit de transversalité.

De nombreux projets regroupent industriels, responsables institutionnels, spécialistes et personnels de l’INSA de Strasbourg – que ce soit des chercheurs, des enseignants, des techniciens, des étudiants. La récente modélisation 3D de la chapelle Saint-Laurent de la cathédrale de Strasbourg est une parfaite illustration de ce genre de collaboration. En effet, les archéologues de l’INRAP, les topographes de l’INSA et les membres de la fondation de l’Oeuvre Notre-Dame ont travaillé de concert en vue de l’étude et la valorisation de notre patrimoine.

 

Le second exemple de la volonté de l’INSA de Strasbourg d’être un établissement ouvert sur le monde et avide de connaissances s’appuie sur la date anniversaire d’un combat. Il y a un peu plus de 60 ans – le 1er décembre 1955 – une dame noire de 42 ans, Rosa Parks, refusa de laisser sa place dans le bus à un homme blanc, comme le lui demandait le chauffeur. Cet acte symbolique marqua incontestablement la lutte des Noirs pour les droits civiques, avec le boycott des bus de Montgomery. A cette époque –  malgré l’esclavage aboli 90 ans plus tôt, en 1865 – les États-Unis d’Amérique étaient encore fortement marqués par de nombreux actes, comportements et lois ségrégationnistes.

Un homme incarna alors cet espoir de justice et d’égalité tout au long de ces années 50/60 : Martin Luther King.

En 2010, une de nos professeurs d’anglais, Sarah Sands, donna une conférence intitulée :

Les leçons de Martin Luther King pour le XXI siècle

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Originaire de Houston-Texas, Sarah Sands nous retrace les grandes lignes de cette lutte menée par ce pasteur noir. Ce combat quotidien se manifeste par l’intégration progressive des Noirs dans la vie politique. Ils commencent à occuper de hautes fonctions. Mais cette évolution des mentalités dans la société civile est aussi marquée par une visibilité croissante des Noirs dans tous les secteurs de la vie publique : musique, cinéma, spectacle, sport…

Les combats se gagnent dans la rue, lors de manifestations – comme l’imposante marche sur Washington en 1963 – qui réunit 200 000 personnes, mais aussi sur les rings de boxe…

L’Amérique trouve de nouveaux leaders, noirs ; aussi bien pour faire voter une loi que pour faire danser et rêver tout le pays : les musiciens de jazz, les membres du Rat Pack

Petite fille dans ces années-là, Sarah Sands se souvient de ces images de l’explosion de la culture afro-américaine moderne, dont certains passages furent ensanglantés par un racisme encore très prégnant. Elle nous livre un témoignage sensible, entre parcours personnel et histoire d’une nation : un melting pot de faits historiques marquants, teintés de souvenirs d’enfance et d’histoires de famille : « Leurs victoires étaient nos victoires ».

A l’occasion de cet anniversaire et à une époque où l’on tue encore au nom de la simple différence (culturelle, ethnique, religieuse…), nous vous proposons de redécouvrir la série de vidéos issues de cette conférence, découpées et montées en séquences thématiques illustrées.

 

Renan Larzul

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